Témoignage de deux donateurs qui ont visité l’école primaire de Ruvumu en septembre 2010

Ah! … Ruvumu!

Depuis 9 heures que nous attendons le chauffeur et la Mercedes 4 X 4. Une heure trente plus tard, ils sont enfin là. Nous nous rendons chez Duke et Jocelyne pour prendre tous les cahiers, crayons et autres articles scolaires prévus pour Ruvumu, le village de Seth Niyongabo, professeur et président de la fondation accès-école Pierre Kirandage au Burundi.

Corinne va à la B.C.B. (Banque de Crédit du Burundi) où travaille Jocelyne afin de retirer l’argent nécessaire pour l’école primaire de Ruvumu. Au retour, le véhicule ne démarre plus. Comme on dit chez nous « la batterie est à terre ». On doit « booster » la vieille Mercedes 4X4 à partir de la camionnette du » Burundi Cleaning Services », propriété de Jean-Claude. Une fois le démarrage possible, nous allons faire le plein de gasoil (diesel) et pouvons enfin nous engager, vers midi, sur la route nationale 7( RN7).

Nous revoyons, sous un soleil radieux, les paysages découverts sous la pluie lors de notre retour de Ruyigi: Mugamba, cette fameuse région des hautes collines où le froid nous oblige à  nous couvrir plus chaudement et à fermer les fenêtres du véhicule. Ijenda, où nous avions gelé comme des Burundais en Alaska à manger brochettes et à boire Primus et Fanta (bière et boisson gazeuse locale).

Yahaya, notre chauffeur, conduit comme un professionnel. Nous nous rendons à la Source du Nil. Dans cette région, sont nés les trois premiers présidents du Burundi: Michel Micombero, Jean-Baptiste Bagaza et Pierre Buyoya. Ils proviennent tous les trois du même coin et ont vécu à quelques kilomètres de distance l’un de l’autre.

Arrivés à la Source du Nil, non loin de la Faille des Allemands, notre jeune guide, Claude, nous explique que nous nous trouvons, si nous suivons le cours d’eau, à 6 735 kilomètres de la Méditerranée où aboutit ce légendaire fleuve. Un simple filet d’eau coule d’un tuyau planté dans un gros rocher. C’est ici qu’ont abouti plusieurs explorateurs à la recherche de l’origine la plus lointaine du fleuve nourricier de l’Égypte. Je m’y lave le visage, prends quelques photos dont celles des curieux et du jeune Floris qui nous suivent depuis notre arrivée.

Rebroussant notre chemin, nous faisons une halte au marché de Bamba. C’est l’événement de la journée: les gens, adultes comme enfants nous regardent d’abord de loin et s’approchent peu à peu. Si on se tourne pour les saluer, ils se mettent à crier et à s’enfuir en riant exagérément comme nos jeunes lors des spectacles de théâtres auxquels nous sommes abonnés à la salle Thompson, à Trois-Rivières.

Toute activité a soudainement cessé. Le marché est totalement gelé. Ça me fait tellement penser aux scènes des premières rencontres entre blancs et autochtones que nous pouvons voir dans les films racontant la vie des grands explorateurs. Mais comme leurs attitudes et les couleurs vives de leurs vêtements sont fascinantes! Ils nous font presque chuter et cherchent à me caresser le poil des bras… C’est un arrêt dans le temps, un moment d’une intensité assez rare. Seth qui nous y a amenés nous encourage à reprendre la route.

Nous arrivons à Ruvumu vers 17 heures. Les gens nous attendent depuis longtemps. Après les salutations d’usage au chef de quartier, au directeur de l’école, à la parenté et aux amis de Seth, notre hôte, les adolescentes, au rythme d’un tambour et d’un sifflet, exécutent danses et chansons en notre honneur. Elles nous remercient, au nom de tout le village, pour notre venue et pour notre aide au projet de Seth Niyongabo et de son frère Berchmans Nijimbere  qui, lui, vit à Gatineau au Québec.

À travers la fondation accès-école Pierre Kirandage qu’ils dirigent, ils ont, avec l’aide des villageois, construit une très belle école, à plusieurs modules, pour les 600 élèves de leur région. Les briques sont fabriquées à environ 10 minutes de marche de l’école. Elles sont transportées, une fois cuites, à dos d’hommes ou sur la tête des femmes. Tout cela bénévolement comme étant leur collaboration personnelle à la construction de l’école.

Le soir venu, nous nous rassemblons dans la maison de Seth et de sa femme Médiatrice pour les discours d’usage: directeur, professeurs et autres. Nous sommes nombreux autour d’une longue table. Progressivement, certains se retirent  car il fait nuit noire et qu’ils ont un bon bout de chemin avant d’entrer chacun chez soi.

Puis c’est le repas du soir que nos hôtes ont voulu hors de l’ordinaire: bananes cuites, haricots, boeuf en sauce, spaghetti, pommes de terre et un bon thé sucré au lait de la vache de Seth.

Michel et Daniel

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